Patrimoine culturel immatériel et Inventaire des métiers d’art rares en France

Inventaire des Métiers d’Art Rares en France  

INMA février 2011 – Sous la direction de Catherine Virassamy réalisé par Francesca Cominelli et Lamia Gabriel

L’Inventaire des Métiers d’Art Rares en France s’inscrit dans le cadre de la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Selon le texte de la convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel :
« Chaque État-partie doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel présent sur son territoire.
Il doit s’attacher à identifier et définir les différents éléments du patrimoine culturel immatériel présents sur son territoire, avec la participation des communautés, des groupes et des organisations
non gouvernementales pertinentes. Pour assurer l’identification de ce patrimoine en vue de sa sauvegarde, chaque État-partie doit dresser un ou plusieurs inventaires du patrimoine culturel
immatériel présent sur son territoire. Ces inventaires font l’objet d’une mise à jour régulière. »
(art . 11 et 12)
L’inventaire du patrimoine culturel immatériel (INPCI) en France est tenu et mis à jour par le Ministère de la culture et de la communication (Direction générale des patrimoines). Le département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique est compétent dans le domaine de l’ethnologie et du patrimoine culturel immatériel et est en charge de la coordination de la mise en œuvre de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique est à ce titre en charge de l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
L’inscription sur l’inventaire se fait principalement par le biais d’enquête réalisées avec la participation des communautés détentrices de PCI, en partenariat avec des organismes de recherches et des associations culturelles.
L’inscription peut également être demandée directement par les porteurs de traditions. La demande d’inscription est soumise à l’examen du comité du patrimoine culturel immatériel.
L’inscription sur l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France est obligatoire pour présenter une dossier de candidature sur l’une ou l’autre liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. La présence de l’élément soumis pour inscription sur un inventaire national est en effet un des cinq critères requis pour que la candidature soit approuvée par l’UNESCO.Les métiers d’art fondent l’un des socles essentiels du patrimoine immatériel culturel français.

Riche de 217 métiers répartis en 19 secteurs, ils sont l’héritage de savoir-faire diversifiés précieusement élaborés de génération en génération. Les métiers d’art façonnent et renouvellent notre patrimoine mobilier et immobilier, intervenant aussi bien dans les champs de la restauration, de la tradition, que de la création. Un nombre important de ces savoir-faire sont toutefois menacés du fait du départ à la retraite de  nombreux artisans impliquant la mise en place d’initiatives pour en assurer la sauvegarde et la transmission.

Cet inventaire fait suite à la réalisation de plusieurs inventaires :

– l’Annuaire Officiel des Métiers d’Art de France qui a pour objectif d’améliorer la visibilité des entreprises et des professionnels des métiers d’art en France et à l’International www.annuairedesmetiersdart.com

– l’Inventaire des métiers d’art rares à Paris et en Ile-de-France afin d’identifier les entreprises et savoir-faire à transmettre via le site internet www.metiersrares.com

– l’Inventaire des Métiers d’Art Rares en France dans le cadre de la mise en œuvre le la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel.

L’inventaire des Métiers d’ art Rares en France a conduit à l’inclusion d’une cinquantaine de savoir-faire de métiers d’art rares à Inventaire National du patrimoine culturel immatériel et à l’établissement d’une bases de données de près de 1000 détenteurs de métiers d’art rares;

Les savoir-faire inclus à l’INPCI :

La fabrication d’épis de faîtage en Basse Normandie

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La construction et restauration de maisons en pans de bois

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La porcelaine de Limoges

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L’héliogravure

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La calligraphie

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Le tissage à bras

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La fabrication de carcasses de sièges à Liffol-le-Grand

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La mégisserie à Saint-Junien

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Les savoir-faire des cristalliers de Daum

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La glyptique

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Le remplissage en pan-de-bois en Normandie

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L’enluminure

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La miniature au « blanc Limoges »

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La filature à Pelletin

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La dentelle au fuseau du Puy-en-Velay

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La fabrication de pigments à Bécherel

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Le rempaillage et le cannage de chaises à Forcalquier

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La peinture sur porcelaine à Saint-Junien

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Le damassage en Lorraine

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La fabrication des émaux de Longwy

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La pendulerie

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La corseterie

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La gravure héraldique

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L’émaillerie de Limoges

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La poterie du Mesnil-de-Bavent

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Les savoir-faire du tourneur sur bois

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La menuiserie-charpente en Normandie

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La dorure sur métal en Bretagne

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La ganterie de peau à Saint-Junien

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La sculpture sur bois à Sainte-Soulle

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La tapisserie d’Aubusson

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Le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon

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La céramique d’art (Jean Girel, au Château)

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La dorure sur bois (Bernard Delaval, à Chapaize)

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La céramique d’art (Jean-Claude Canonne, à Saint-André-le-Désert)

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La facture d’instruments anciens à clavier

(Christopher Clarke, à Donzy-le-National)

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L’art du tailleur (André Guillerme Guilson, à Paris)

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La facture et la restauration instrumentale (Pascal Cranga, à Donzy-le-Pertuis)

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Forum international du couteau contemporain 19 & 20 juin 2015 au Palais Brongniart Paris

2e édition / Salon du couteau d’art au palais de la Bourse, Paris

FiCX-Paris un plateau inédit de couteliers internationaux parmi les plus renommés et novateurs du moment

La richesse et la diversité culturelle de la coutellerie d’art , savoir-faire de ces artisans d’art qui allient tradition et innovation pour s’exprimer au travers de formes, de mécanismes et de matériaux insolites, molaire et défense de mammouth, météorite, bois de cerf, corne de buffle, titane, fibre de carbone etc. étaient au rendez-vous.

 

2e édition / Salon du couteau d’art au palais de la Bourse, Paris

FiCX-Paris,  un plateau inédit de couteliers internationaux parmi les plus renommés et novateurs du moment

La richesse et la diversité culturelle de la coutellerie d’art , savoir-faire de ces artisans d’art qui allient tradition et innovation pour s’exprimer au travers de formes, de mécanismes et de matériaux insolites, molaire et défense de mammouth, météorite, bois de cerf, corne de buffle, titane, fibre de carbone etc. étaient au rendez-vous

« Métiers d’art et Patrimoine » – Article – Patrimoine (s) en Provence – Alpes – Côte d’Azur – La lettre d’information de la direction régionale des affaires culturelles – n°18

La place des métiers d’art dans le patrimoine

« Le métier d’art est une technique essentiellement manuelle, mise en œuvre par un professionnel hautement qualifié, une production d’objets uniques ou de petites séries ». « Tout art comme tout métier d’art, conjugue l’imagination créatrice et un ensemble de techniques ». Pierre DEHAYE, membre de l’Académie des Beaux-Arts

Ils sont répertoriés en trois grandes familles :

– Les métiers de la fabrication traditionnelle (fabrication s’inspirant ou reproduisant des pièces ou objets existants grâce à la maîtrise d’un savoir-faire traditionnel)

– Les métiers de la restauration (savoir-faire permettant la conservation et la restauration du patrimoine immobilier et mobilier)

– Les métiers de la création (production de pièces uniques ou de petites séries à tendance contemporaine).
Le champ des métiers d’art est défini par la liste officielle des 217 métiers de l’artisanat d’art regroupés en dix-neuf domaines (arrêté du 12 décembre 2003).

La dénomination de « métiers d’art » faisant référence à la pratique de savoir-faire artisanaux est française mais la terminologie est différente d’un pays à l’autre : métiers de l’artisanat traditionnel, de l’artisanat d’art, de l’artisanat artistique, du fait main etc. en Europe et dans le monde, témoignant de la complexité de leur positionnement dans les champs de l’art, de la tradition, du patrimoine et/ou de la création.

Les professionnels des métiers d’art et artisans du monde entier ont acquis au fil des siècles des savoir-faire uniques. Leurs filières de productions sont un gisement immense pour l’expression des créateurs, des femmes et des hommes mais aussi pour le développement des territoires. Depuis le moyen-âge la circulation des savoir-faire et des artisans en Europe a favorisé l’évolution des activités et des productions représentatives d’un patrimoine européen des monuments, sites paysages ou objets. L’approche des métiers d’art et du patrimoine dépassera le cadre national sachant que les savoir-faire se régénèrent continuellement au fil des échanges et du commerce telles que le montrent les routes historiques «  du textile, de la soie etc. » retracées maintenant sur la toile.

Les savoir-faire artisanaux sont un des socles du patrimoine culturel mondial et des territoires à plusieurs titres : dans la construction, la sauvegarde, l’entretien et la restauration des patrimoines mobiliers et immobiliers.

 

The international European Conference “SURPRISING LACE. ART&CRAFT CREATIVITY IN EUROPE” 19-21 November 2014, Riga

 

French Lace making, practices and values

As part of the French cultural heritage “Lace making” contributes to the creative economy by enhancing textile industries and “luxe” sector. Its place in fashion is currently significant and attractive especially in the Haute Couture. It is a great source for creativity and innovation through the ancestral culture and the great symbolic it transmits.

Lace skills are present in a lot of French territories. However, they are endangered and need to be protected and capitalized to avoid the loss of traditional and high value products. Alençon, Tulle, Le Puy, Calais lace, needle and bobbin lace in France.

To this end French government has initiated policies for the safeguarding of rare skills such as “The Inventory of rare crafts in France” in the framework of the UNESCO Convention for the Safeguarding of the Intangible Cultural Heritage or the national label “Entreprise du Patrimoine Vivant”.

So the craftsmanship of Alençon needle lace making is now inscribed on the Representative List of the Intangible Cultural Heritage of Humanity. The conference welcomed a lot of European countries speakers and a huge exhibition in Riga Saint Paul Church showing the diversity of lace, traditional and contemporary, made of different material, cotton, linen, silk but also synthetic material, wood, metal, ceramic, natural fiber etc.

« Métiers d’art : quels avantages fiscaux ? » JURIS art etc. avril 2014

Par Catherine Virassamy et Francesca Cominelli

Le crédit d’impôt en faveur des métiers d’art, institué en 2005 à titre temporaire, a été prorogé par le gouvernement jusqu’au 31 décembre 2016. Ce dispositif fait suite aux dispositions introduites par la loi du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises visant à en soutenir le développement, la formation et la transmission. Il vise à soutenir la création et à à assurer l’allègement fiscal des entreprises des métiers d’art.

Les entreprises qui engagent des dépenses de conception de nouveaux produits dans le secteur des métiers d’art et des savoir-faire traditionnels peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt institué par l’article 45 de la loi de finances rectificative pour 2005[1] (Art. 244 quater O du CGI), le crédit d’impôt métiers d’art (CIMA). Institué à titre temporaire, il a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2016. Ce dispositif fait suite aux dispositions introduites par la loi du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises visant à en soutenir le développement, la formation et la transmission. La loi[2] instaure en particulier le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » dont le savoir-faire et le patrimoine économique constituent un véritable moteur de développement, les métiers d’art étant au cœur de ce label.

Dans Les perspectives d’aide à la création et d’allègement fiscal portées par la loi, deux avantages fiscaux sont attachés aux entreprises métiers d’art, le crédit d’impôt dit « création » et le crédit d’impôt « apprentissage », avec un soutien particulier aux entreprises labellisées EPV : crédit d’impôt « création » porté à 15% au lieu de 10% et « apprentissage » de 2200 € au lieu de 1600 € pour ces entreprises.

Le CIMA répond ainsi aux attentes des entreprises métiers d’art, ou industries de main-d’œuvre selon l’expression de Jacques Mouclier, Président de la Fédération des Cristalleries Verreries à la Main et Mixtes (Fcvmm), lourdement grevées par les charges salariales et pour lesquelles la création favorise, au sein de l’atelier et par le geste, l’évolution et la continuité de savoir-faire ancestraux. Si cette mesure porte ses fruits, les entretiens réalisés avec les artisans et les nombreuses questions écrites parlementaires, font apparaître des difficultés d’attribution liées à des divergences d’appréciation de l’assiette éligible à travers la notion de « produit nouveau », de la limitation des dépenses éligibles et du périmètre des entreprises métiers d’art concernées.

Enfin plusieurs facteurs limitent l’accès au CIMA. La notion de création relative à l’activité d’un artisan s’attache aussi bien à la conception qu’à la réalisation et pose des difficultés d’appréciation car il est difficile pour les services fiscaux d’en faire la distinction. Le statut d’artisan des professionnels sans salariés ne donne pas accès au crédit d’impôt. Certaines activités ou métiers ne sont pas reconnus par les services fiscaux. Il en résulte un périmètre réduit des entreprises concernées, posant la question de la nature des entreprises visées par la loi, ce qui mériterait d’être clarifié.

[1] Article 45 de la loi n° 2005-1720 du 30 décembre 2005 de finances rectificative pour 2005.

[2] Article 23 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, qui donne la définition du label « Entreprise du patrimoine vivant ».

 

 

 

 

 

Métiers d’art et tourisme

Catherine Virassamy et Jérémy Lévêque dans Revue Espaces, n°231 novembre 2005

Métiers d’art et tourisme, Des attirances réciproques
Pour les professionnels des métiers d’art, la mise en tourisme est l’occasion de montrer leur savoir-faire et de promouvoir leur activité. Pour les touristes, la découverte des métiers d’art d’un territoire est une forme d’ animation, et un gage d’authenticité. L’attirance entre métiers d’art et tourisme est avérée par la relative concentration des professionnels de métiers d’art dans les régions touristiques.

Les professionnels des métiers d’art ouvrent leurs portes et entraînent un public diversifié à la découverte des métiers de la pierre, du verre, de la terre, du bois, du métal, du textile. Les initiatives de mise en tourisme des métiers d’art foisonnent sur l’ensemble du territoire, avec des formes les plus variées : routes, circuits urbains, marchés, stages loisirs… Les
métiers d’art ont le vent en poupe. Le tourisme, c’est, pour la plupart des entreprises des métiers d’art, une opportunité pour se faire connaître, pour faire découvrir leur savoir-faire,
pour séduire un public curieux ou un client potentiel, mais aussi pour communiquer et échanger sur leurs métiers. Ces initiatives constituent aussi des laboratoires de marketing et de communication spécifiques pour les entreprises situées hors des grands circuits de distribution. La mise en tourisme est ainsi l’occasion, pour les professionnels des métiers d’art, de montrer leur plus-value et leur capacité d’adaptation à un nouveau contexte, tant dans les attentes du public que dans les modes d’exercice de leur métier.
Le développement du temps libre et des loisirs, l’engouement pour le patrimoine semblent constituer les conditions favorables au développement d’actions touristiques liées aux métiers d’art.

Comment les professionnels des métiers d’art et du tourisme peuvent-ils coopérer dans la perspective d’une économie et d’un développement durable? Les facteurs déterminants comme la valeur économique et patrimoniale des métiers d’art, l’ancrage territorial et les spécificités régionales, enfin les évolutions de société liées au développement du temps
libre sont à examiner avec soin.

Les Pôles d’économie du patrimoine

Catherine Virassamy et Karim Mosbah, Territoires en mouvement, La Documentation Française, DATAR 2002
Les territoires se tournent aujourd’hui, après quelques dizaines d’années de modernisation
parfois brutale, vers leur identité et se redécouvrent riches d’un patrimoine original.
Cet héritage culturel, historique, artistique ou technique distingue les territoires les uns
des autres et sert de contrepoids aux effets négatifs de la mondialisation. Les éléments
constitutifs de ce patrimoine culturel et naturel représentent des ressources au même titre
que les matières premières, l’industrie ou les services. Ils sont autant de potentialités de
développement économique, historique et culturel.
La démarche des pôles d’économie du patrimoine (PEP) initiée par la DATAR à la suite du
Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) de Troyes en 1994, a pour objectif d’utiliser le patrimoine diversifié de la France comme levier du développement économique. Les PEP doivent aider à transformer les potentialités qu’il recèle en activités et en emplois.
Ils ne s’apparentent ni à une structure, ni à une ligne budgétaire particulière, ni à un label, mais à un processus qui vise à mettre en réseau des initiatives locales en vue de créer du développement économique. La valorisation des ressources patrimoniales possède un effet d’entraînement sur de nombreux secteurs : le tourisme, le bâtiment, les productions industrielles traditionnelles de grande qualité, l’artisanat d’art et autres savoir-faire, les
emplois liés à l’amélioration du cadre de vie et de l’environnement.
Les pôles d’économie du patrimoine sont nés d’un pari. Pari sur des gisements d’activités liés à l’engouement pour le patrimoine, à des productions de qualité, aux métiers de services aux habitants (vie culturelle, cadre de vie). L’expérience montre que les projets des PEP requièrent des métiers à haute valeur ajoutée intellectuelle : métiers de la culture,
de la communication, mais aussi d’ingénierie des procédures financières et institutionnelles.
En privilégiant la culture, l’innovation, la mutualisation dans le sens de l’intercommunalité, en produisant de la différence, les PEP sont au cœur du mouvement de recomposition des territoires engagé par la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999. Fruit de l’expérience de la trentaine de PEP en marche, cet ouvrage tente de donner les clés de réussite pour l’engagement des territoires dans
cette démarche.