Formation au tourisme durable

Le programme se déroule dans le cadre du programme de coopération Jil Siyaha dédié à la formation des acteurs du tourisme en Algérie. Il vise à préparer les participants à se former activement au développement d’un tourisme responsable et inclusif, tout en valorisant le patrimoine naturel et culturel.

La formation couvre les différents aspects du tourisme durable, les principes et définitions clés, la structuration du tourisme en Algérie, ainsi que les domaines d’application spécifiques du tourisme durable et de promotion à travers le marketing touristique.

Le programme détaille les étapes nécessaires à la mise en place d’un projet d’écotourisme, y compris l’identification du territoire, le diagnostic territorial, la mobilisation des acteurs locaux, et les stratégies de préservation et valorisation du patrimoine. Il notamment aborde les aspects opérationnels, la promotion du projet, et évalue l’impact potentiel sur la communauté et l’environnement.

Les formations se déroulent depuis juin 2024 dans 3 établissements, à l’Institut National Supérieur du Tourisme d’Alger, à l’Institut National de l’Hôtellerie et du Tourisme de Tizi_Ouzou et à l’Institut National de l’Hôtellerie et du Tourisme de Bou Saïda.

Patrimoine et savoir-faire du chanvre en France

Catherine Virassamy et Marie-Laurence Sapin, Le chanvre, matière à transition, Design, territoire et écologie sous la direction de Elisabetta Bucolo, Véronique Maire, article p.32, édition LOCO 2022

Le chanvre est une plante ancestrale. Originaire d’Asie centrale où il pousse à l’état sauvage, le chanvre a plus de 8000 ans. Il s’est répandu vers la Chine, toute l’Asie, la Russie et le bassin méditerranéen. De la Russie il pénétra dans les pays baltes, en Germanie et en Scandinavie. Les Vikings qui étaient de grands navigateurs et avaient besoin de cordes de chanvre l’ont sans doute répandu au cours de leurs expéditions en Europe occidentale.  Il était cultivé jadis pour sa fibre textile dans la marine et l’habillement, mais aussi pour ses graines dans la médecine et l’alimentation. Avant la deuxième guerre mondiale la production de chanvre était florissante mais fut peu à peu délaissée à cause de l’arrivée du coton et des matières synthétiques. Il y avait à cette époque, des manufactures, des filatures, des corderies. Jusque dans les années 1960, les agriculteurs entretenaient fréquemment une petite parcelle de chanvre pour leurs propres besoins ou pour fournir les tisserands du voisinage, ayant ainsi participé à la sauvegarde de la pratique. Exemple de culture agricole vertueuse,  celle-ci renaît aujourd’hui dans plusieurs régions de France, en Normandie et dans le Sud-Ouest de la France, où son utilisation locale était coutumière.

A ce titre, la pratique « Les savoir-faire du chanvre textile », est incluse à l’Inventaire National du Patrimoine Culturel Immatériel, dans le cadre d’une recherche sur l’expression de pratiques patrimoniales émanant d’observations et de témoignages oraux de la communauté.

Cette pratique vivante, transmise depuis des générations dans l’espace rural, est portée par une communauté restreinte de professionnels et de détenteurs dépositaires de ses savoir-faire tels que les agriculteurs, les peigneurs, les fileurs, les tisserands, les créateurs, les tailleurs et confectionneurs, produisant et transformant à nouveau le chanvre textile.

La présente contribution montre comment de nouvelles pratiques liées au chanvre textile se sont emparées du patrimoine culturel existant dans toutes ses formes, de l’immatériel au matériel, des terroirs à la communauté et aux savoir-faire, des outils, machines, architectures aux modes de transmission, de relance et de valorisation.

Les savoir-faire du lin textile

rédigé par Marie-Laurence Sapin et Catherine Virassamy

Le lin est la plante textile par excellence. Cultivé par les hommes depuis des millénaires, il produit par rouissage une fibre textile particulièrement vertueuse, utilisée dans les tissus éponymes du « linceul » des momies égyptiennes, du « linge » à usage domestique et de son célèbre « damassé ». La culture du lin s’installe en Europe de façon pérenne dès le début du Moyen-âge sur une bande côtière allant de Caen à Amsterdam et donne naissance à un commerce international. Une véritable chaîne de savoirs s’est construite au fil du temps grâce à des agriculteurs, des teilleurs, des filateurs, des tisserands et autres dépositaires de la connaissance du lin dans toutes ses formes, du lin cultivé à la fibre, jusqu’à l’étoffe. Une production de qualité n’est obtenue que grâce au ressenti, aux compétences et à l’expertise cumulée de professionnels.

A la faveur d’un climat océanique et de la présence de savoir-faire ancestraux, la Normandie, le Nord de la France et à sa mesure l’Ile-de-France ont fait la réputation du lin français pour la qualité de ses fibres textiles et la finesse de son fil. Outre la noblesse de la plante, le lin revendique de réelles vertus écologiques car il ne nécessite aucune irrigation, il est peu polluant à transformer et est recyclable, pour une production « zéro déchets ».

Fragilisée par la désindustrialisation du secteur Textile-Habillement dans les années 1980-1990 et par une mondialisation de la chaîne de valeur, la communauté linière au tempérament collectif manifeste se mobilise aujourd’hui pour relancer ses filatures et ateliers de tissage autour de la relocalisation de la filière en France. Le textile pour la mode consomme 60% du lin produit ; 30% sont dédiés à l’ameublement et aux textiles ; 10% pour des applications techniques via une nouvelle génération de matériaux composites biosourcés à haute performance.

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Inventaire National du Patrimoine Culturel Immatériel / PCI LAB

Les savoir-faire du chanvre textile

rédigé par Marie-Laurence Sapin et Catherine Virassamy

Le chanvre est une plante ancestrale, cultivée autrefois pour sa fibre textile dans la marine et l’habillement. Elle l’était aussi pour ses graines dans la médecine et l’alimentation. Avant la deuxième guerre mondiale, la production de chanvre était florissante dans les manufactures, les filatures et les corderies. Jusque dans les années 1960, les agriculteurs entretenaient fréquemment une petite parcelle de chanvre pour leurs besoins domestiques. Les femmes filaient et tissaient encore à la ferme. L’arrivée du prêt-à-porter impulsée par l’arrivée des fibres synthétiques et du coton a porté un coup d’arrêt à la culture du chanvre en France et en Europe. Le regain d’intérêt pour la fibre de chanvre, dû à ses vertus écologiques, est récent et d’actualité.

Dans ce contexte, aucune mécanisation des procédés n’avait été redéveloppée, comme cela a été le cas plus récemment avec le lin, pour lequel même les filatures n’ont pas résisté à la concurrence. La culture et la mécanisation de la transformation du chanvre sont par conséquent à l’état expérimental pour obtenir une fibre longue textile, ce qui est une opération difficile. Portées par une poignée d’acteurs engagés et les rares détenteurs de savoir-faire de cette fibre en France, des initiatives prometteuses ont permis de mettre sur le marché les premiers textiles en chanvre.

Le développement du chanvre s’est porté par ailleurs vers les matériaux biosourcés et l’écoconstruction à partir de la chènevotte ou bois de chanvre. À ce titre, la France est le premier pays producteur de chanvre en Europe, avec 17 116 ha sur les 58 000 ha en Europe, dont quelques centaines d’hectares de chanvre textile.

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Inventaire National du Patrimoine Culturel Immatériel / PCI LAB

Les savoir-faire de l’ortie textile

rédigé par Marie-Laurence Sapin et Catherine Virassamy

Or vert de nos campagnes, l’ortie prospère à l’état sauvage depuis des millénaires, utilisée au gré des besoins de l’homme, alimentaires, médicinaux ou textiles dans les familles ou communautés rurales du monde entier. Son utilisation avérée en tant que fibre textile, et liée à des pratiques de cueillette depuis la préhistoire,  fut abandonnée avec l’arrivée de l’agriculture, de la culture du lin, du chanvre et du coton.  L’ortie piquante et envahissante fut alors considérée comme une mauvaise herbe à supprimer. Pourtant ses vertus et propriétés textiles, attestées dans de nombreux textes évoquant la résistance, le soyeux et le brillant des tissus en ortie, ont attisé régulièrement la curiosité des hommes au cours des siècles, avec l’espoir de pouvoir cultiver cette plante qui pousse naturellement partout. Utilisée comme fibre d’appoint en temps de pénurie et en particulier en temps de guerre, sa culture a fait l’objet de plusieurs expérimentations en Europe restées malheureusement sans suite. Un regain d’intérêt pour cette plante utile, écoresponsable et accessible se dessine aujourd’hui avec de plus en plus d’initiatives de coopération locale et privées, émanant de collectivités, d’amateurs avertis, d’agriculteurs ou d’industriels du textile, pour sa multi valorisation. L’ortie brûlante et malfaisante tant décriée, est en passe d’être à nouveau réhabilitée pour ses bienfaits en bénéficiant de plus, d’un engouement et d’une synergie tant locale qu’internationale via les réseaux sociaux.

Écotourisme et mise en tourisme du patrimoine oasien et bédouin de la vallée de la Saoura en Algérie 2019

L’atelier de travail concernait un projet d’écotourisme dans la vallée de la Saoura dans la Wilaya de Béchar considérée comme le portail du grand Sahara algérien. Il s’adressait à un groupe d’acteurs locaux, des associations, des détenteurs de savoir-faire, des artisanes et artisans, des guides accompagnateurs, des chameliers, des femmes au foyer à s’investir dans le tourisme tout en assurant des revenus complémentaires aux habitants des Ksour.

Riche d’un patrimoine matériel et immatériel porté par une population engagée, des gîtes, des maisons d’hôtes, des tables d’hôtes, des ateliers pratiques d’artisanat, des musées valorisant les ressources locales, des circuits et randonnées font l’objet d’un projet d’écotourisme naissant sur l’ensemble de la Saoura comme c’est le cas à Beni Abbes, à Timimoune, à Kenadsa, à Boukaïs ou à Taghit près de Béchar.

Le projet visait la définition, la structuration et la mobilisation d’un réseau autour de la « mise en tourisme du patrimoine oasien et bédouin de la Saoura », démarche plus largement inscrite dans un projet de développement de la route des ksour en tant que véritable projet pilote pour le territoire.

Cette formation action s’est inscrite dans le cadre du programme de coopération PAJE (Programme d’Appui Jeunesse Emploi) de 2019 à 2020 en Algérie.

La pêche à la sardine de Saint-Gilles Croix-de-Vie

La sardine du Pays de Saint-Gilles Croix-de Vie prospère dans le Golfe de Gascogne entre l’estuaire de la Gironde et de la Loire riches en oligo-éléments. Cette sardine de roche remonte du sud vers le nord en suivant les courants d’eau chaude. Les eaux du territoire entre le nord de l’Ile d’Yeu et l’Estuaire de la Vie offrent une qualité de plancton particulier qui favorise la reproduction des sardines. Nichées dans une baie entre l’île d’ Yeu et l’île de Noirmoutier, les sardines bénéficient d’un lieu magique et abondent en particulier entre les mois de mai et septembre. Cette situation exceptionnelle mais aussi l’introduction par les Maures au XVIIe siècle de la pêche au filet droit de chanvre ont fait de Saint-Gilles Croix-de-Vie la capitale de la sardine en France.  L’activité sardinière est aujourd’hui en plein essor avec plus de 2000 tonnes de poisson bleu pêchées chaque année et une centaine de marins pêcheurs.

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Inventaire National du Patrimoine Culturel Immatériel / PCI LAB

La fabrication de la fourme de Montbrison

La fourme est née dans les « Jasseries » des Monts du Forez, confectionnée selon le même procédé ancestral aux caractéristiques constantes, au croûtage orangé, au bleu doux, à la pâte persillée, égouttée en fin de fabrication dans des chéneaux d’épicéa, retournée d’un quart de tour matin et soir dans une température comprise entre 18 et 22 degrés. 500 tonnes de fourme de Montbrison sont aujourd’hui produites par an, nécessitant une collecte de plus de 5 000 000 de litres de lait.  Fabriqués à l’estive au-delà de 1200 mètres d’altitude, dans des cabanes dites « loges » au XVIIe siècle et « Jasseries » au XIXe siècle, les fromages des Monts du Forez possèdent les qualités exceptionnelles des pâtures des Hautes-Chaumes. L’herbe y a une valeur nutritive bien supérieure à celle du foin pour les vaches laitières qui produisent le lait destiné à la fabrication de la fourme. Ce fromage au lait de vache à pâte persillée a obtenu l’Appellation d’Origine Protégée (AOP) « Fourme de Montbrison » en 2002 sur le périmètre des 33 communes des Monts du Forez, situées entre 600 et 1640 mètres d’altitude, à la frontière des départements de la Loire et du Puy-de-Dôme au cœur du Pays d’Art et d’Histoire du Forez dans un environnement architectural et naturel remarquable de la zone Natura 2000. 

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La fabrication du fromage de Salers

Salers, petite cité médiévale, construite sur un site volcanique à 950 mètres d’altitude au cœur du Parc des Volcans d’Auvergne, est le berceau d’une race bovine singulière, spécifiquement adaptée au climat : la Salers. D’une race au profil exceptionnel, elle attire toutes les affections, par son allure, sa robustesse, sa capacité de vêlage et son instinct maternel.

Introduite au XIXe siècle par le maire de Saint Bonnet de Salers, Tyssandier d’Escous, la vache Salers s’est d’abord développée pour la viande et le lait et ensuite uniquement pour le lait grâce au fromage et aux appellations AOP initiées par les professionnels locaux. Les fromages AOP Salers et AOP Cantal sont étroitement liés à la vache Salers car ils sont fabriqués avec le lait des troupeaux de Salers. Fabriqué traditionnellement par les paysans « vachers » à l’estive dans des burons, petites constructions de pierre aux toits de lauze, il l’est aujourd’hui à la ferme pour l’AOP Tradition Salers et en coopérative pour l’AOP Cantal au lait de Salers. Ces deux fromages se caractérisent par un goût unique du aux propriétés particulières de ce site volcanique, riches en acide phosphorique, en potasse et en magnésie développant une herbe grasse à la flore diversifiée. Bénéficiant à l’estive – pâturage de montagne où l’on mène les troupeaux pendant l’été – d’un herbage exceptionnel et naturel, les vaches Salers, produisent un fromage directement issu des pâturages au parfum et au goût inimitables.

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La culture du cresson de Méréville

Vu du ciel, le paysage de Méréville est marqué par des parcelles géométriques redécoupées par de longues fosses parallèles emplies d’eau et séparées par des bandes herbeuses : ce sont les cressonnières de Méréville implantées là depuis la fin du XIXe siècle (1894). Composant avec le Parc à l’anglaise du XVIIIe siècle du Château de Méréville, l’ensemble des parcelles constitue un paysage remarquable propre à la vallée de la Juine. « Or vert » du territoire, la culture du cresson est reconnue comme un patrimoine culturel local grâce à la saveur exceptionnelle de cette plante potagère aux vertus gustatives et médicinales. La qualité des eaux de source et leur abondance constituent les conditions essentielles de la production de cresson qui perdure dans cet écrin de verdure. Les cressonnières ont de plus un rôle vertueux dans le cycle environnemental puisqu’elles font office d’épurateur de la nappe de Beauce qui alimente ce site remarquable.

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